La voix et nos cordes vocales sont le médium, le véhicule physique d'expression de nous même.  L'écoute de notre propre voix rend possible la perception et la prise de conscience de la teinte qui nous colorie, de l'émotion que baigne le son, de l'atmosphère qu'il compose. Le son juste est celui qui dit vrai.  A travers lui on lit, comme dans un livre ouvert.  Le larynx est comme le prisme qui diffracte la lumière, quand les faces sont planes et belles. Mais le sont-elles toujours ? N'avons nous pas besoin d'accord, de prendre le LA? La justesse se cultive, et loin d'une leçon de solfège, en naad yog' l'oreille apprend à s'ouvrir et à laisser venir, alors que le mental trouve des repères,  des appuis pour seconder l'ouïe. C'est par le toucher que l'instrument ancre la sonorité.  Tout en préservant la liberté, la fluidité, il donne des repères tactiles, de motricité. L'instrument est un tuteur pour ainsi dire. Il n'a qu'un but : accompagner, guider, lier son et vécu, mémoire et réalité.

La famille d'instruments de la lignée Nanakienne comporte un système précis, intentionnellement conçu pour faciliter l'entrée en méditation, ou tout au moins en dhyana, état de concentration, d'absorption contemplative de l'attention dans le son.

Les maîtres yogi sont tous partis d'instruments existants, ont ajusté leur forme, le nombre de cordes etc.  La façon d'accorder permet une très grande proximité avec la voix naturelle.  Elle vient en support à l'expression de notre réalité intime, du vécu qui nous anime, tout en offrant un ancrage d'objectivité.

Le premier des instruments est défini par Guru Nanak : le Rabab - contemporain de François Ier.  5 cordes (6-1). Pourquoi ?

https://www.youtube.com/watch?v=k0wzfP-WnpY